Comme mon amie Manou, (allez la lire c'est vachement bien !) je tente de faire des sauts de 5 ans pour voir ce que j'étais à l'époque, ce que j'ai pu vivre...

1977

J'ai deux ans. Je ne comprends encore pas grand chose mais je sais que c'est une année triste. En mémoire j'ai la mort de Claude François et la phrase que j'ai dite ce soir là. "Comme ça il pourra chanter à Chrystelle, elle sera moins seule."
Je n'ai pas de souvenir de ma grande soeur, je sais juste qu'elle est morte cette année là (comme disait justement Claude).
Selon mes parents, ma volonté d'indépendance commence a être bien présente. Il paraît que je me planquais sous les tilleuls pour boire mes bibs pendant que mes parents me cherchaient partout.

1982
Mes souvenirs sont liés au foot pour cette année là, et donc à mon père. Découverte du stade geoffroy guichard, avec Michel Platini et Jonny Repp, Castaneda... ce sont mes stars. C'est aussi l'année du mondial espagnol. Mon grand frère collectionne les suppléments du progrès sur cet évènement. Les matchs de l'équipe de France sont suivis par toute la famille, mais aussi par beaucoup de personnes. On sort le champagne pour les victoires.
Et puis il y a un soir de Juillet, Stade Sanchez Pizjuan du FC Séville, Demi finale entre l'Allemagne (RFA à l'époque) et la France. Je me rappelle de la folie de ce match, certainement le soir où je suis resté le plus tard debout pour voir la fin de cette tragédie. Un but partout à la mi-temps, avec un pénalty de Platini. Le match devient légende dans la deuxième mi-temps. Battiston lancé par Platini est percuté violemment par le gardien allemand Schumacher. L'arbitre ne bronche pas devant cette agression. Le joueur français sort, complètement KO et quelques dents en moins, sur une civière. Moi, je pleure.
Les prolongations vont être un mélange de joie et d'immense tristesse. Les français mène 3-1 avec deux buts somptueux de Giresse et Marius Trésor, mais se font égaliser dans les dernières minutes pour finalement perdre aux pénaltys. J'ai pleuré longtemps cette nuit là.

1987
Toujours indépendant, j'ai demandé à mes parents d'être pensionnaire. je suis en 4e au collège de la ville la plus proche. Je ne suis qu'à 7 kms de la maison familiale mais je ne rentre que le week end. les mercredis je découvre la joie de la communion homme-cheval.
Je suis croyant à l'époque. Je vais souvent à la messe, j'y crois sincérement. je ne sais plus d'où vient le désenchantement ou mon réveil d'esprit. Toujours est-il qu'aujourd'hui je crois à la création de dieu par l'homme et non l'inverse.
Du haut de la tour du château je regarde mon monde et je rêve de flotter sur les nuages et de vivre de grandes histoires épiques.
L'été je le passe à l'usine. J'aide mes parents dans leur travail et j'apprends ce qu'est la sueur et le prix d'un salaire. je n'ai pas encore l'idée de passer quelques heures à la piscine...

1992
Je suis en première, toujours au pensionnat mais cette fois en ville à sainté. Les lundi et mercredi je cours au cinéma. C'est une grande passion. Je vois tout ce qui sort sur les écrans, bons ou mauvais films. Je me fais ma culture visuelle.
Ces dernières années j'attendais avec grande impatience l'été pour aller à la piscine de strol. Les raisons n'étaient pas sportives. Je ne supporte pas l'eau ! Mais j'y ai croisé une fille à part. Ma première histoire d'amour mais aussi une lumière qui a transpercé mon coeur, qui s'y est logé à jamais. Pour elle j'ai même traduit maladroitement la chanson de B Adams, BO de Robin des bois prince des voleurs. Et dire que je n'aime pas écrire des lettres, et encore moins travailler l'anglais...

Je suis jeune et j'ai envie de tellement de choses. Je veux vivre 100 vies. Je sors, bois, ris avec mes amis. Et puis je dois faire le tri. Car certains se trouvent être de faux-amis. Il ne me reste que les vrais, ceux d'aujourd'hui. Manou, Aymeric, Mado... On en passera des soirs d'été à regarder les étoiles...
Je suis surtout devenu tonton et parrain d'une magnifique Zoé.

1997
J'ai raté mes études. Je n'ai pas eu les forces nécessaires et fut plus attiré par l'alcool et la fête que par la réalité de ma vie.
Alors je suis retourné travailler à l'usine depuis deux ans. Je décide de faire mon service militaire. En bon objecteur de conscience, je cherche des association pouvant m'accueillir 20 mois. Le syndicat d'initiative se créé à Golène et la mairie cherche quelqu'un pour s'en occuper, mais il y a aussi la mjc de Strol qui recherche une personne pour s'occuper de la régie et de l'encadrement du théâtre. Je fais le mauvais choix et part me faire exploiter à Golène. Le travail n'est pas dur, mais l'encadrement est détestable. je passe des mois horribles. Les deux seuls bénéfices que je tire de cette mésaventure sont ma prise de contact avec le 'bon' théâtre du "qu'en dira-t-on?" de St Pal, et ma volonté de reprendre ma vie, et donc mes études, en main. Je vais donc m'inscrire à la fac par correspondance.
J'ai connu aussi deux relations amoureuses qui m'ont traumatisées dans le passé. La première car c'était une erreur de casting et qu'elle m'en a fait baver, la seconde car je n'ai pas su être celui qu'il fallait. ce ne devait pas être le bon moment pour moi... C'est mon époque en G. En fait, c'est deux filles ont prénom qui commence par cette lettre. Je vais même rester 8 mois avec Gaëlle, ce qui est pour moi un exploit à l'époque. Au mois de décembre, Mado amène à une bringue que j'organise une nouvelle fille en G. Elle prendra de la place dans ma vie et je resterai plus de 6 ans avec Gladys.

2002
Je vis en coucouple. Je suis même fiancé. Ce n'est pas une relation facile et je joue, malgré moi, plus souvent le psychologue et le pacificateur familial que le compagnon. Le coup de massue n'est plus très loin. Je comprend peu à peu que je ne suis pas la personne avec qui elle s'épanouira.
J'ai changé de vie. J'ai quitté ma haute loire pour la grand ville de quenelland depuis août 2000. Je suis aide éducateur dans un lycée professionnel. Je continue mes études par correspondance et à la fin de l'année je peut fêter ma licence.
La vie va tranquille... je fais plein de projets d'avenir. Nous nous sommes installés dans un appart à paul santy. J'y suis toujours...
L'été nous partons en espagne, à la découverte de l'andalousie. Aller retour en car et ballade entre bus et pieds sur place. Les sacs à dos sont lourds (je révise donc j'ai amené mes livres d'histoire) mais le voyage est génial. J'ai un moment bien à moi à Séville. je vais voir un match amical du FC face à une équipe anglaise dans le stade mythique qui m'a tant bouleversé en 1982.

2007
Ma famille est un peu éclatée. Mon père est mort il y a déjà un an et demi, et j'ai toujours une pensée particulière pour lui quand je vais voir jouer mes verts préférés. Mon grand frère et sa famille vivent de l'autre côté de la France. Mon petit frère retape la ferme et vit son histoire d'amour pleinement. Il a trouvé sa Marie et ils vont baptiser en juillet leur Lucas. Ma mère est revenue vivre dans sa ville de jeunesse. Je suis dans mon coin, à quenelland. J'ai réussi le caplp2 et suis professeur stagiaire de lettres histoire. Je vais être titularisé en mois de juin.
J'ai la chance d'être en contact avec les personnes qui ont compté et qui comptent pour moi, les MMn de seynod, les jeunes mariés qui partent cet été pour 2 ans vivre dans les îles, et bien sûr la belle joueuse de volley de la piscine de strol qui est (re)devenue une amie très importante.

Je n'ai pas d'histoire d'amour et commence à comprendre que mon bus est passé. J'ai du raté le bon ou je me suis trompé d'arrêt. Alors j'ai arrêté d'attendre.

Je ne sais pas ce qui m'arrivera demain, mais je sais que j'ai un mémoire à finir et que je suis à la bourre.

2012
ben, je suis mort ! Mais j'ai connu 5 années extraordinaires de vie, de passions, à un rythme fou. Et si je me trompe et que je suis encore vivant, ce ne sera que du temps en plus, du bonus.

exercice marrant... mais il y a tant de chose dont je n'ai pas parlé : mes grands parents, les maladies, les découvertes et secrets familiaux... et d'autres choses très joyeuses... mais j'ai des défauts de mémoire et très peu de souvenirs...