21 mars 2007
Une tragédie chinoise et un mariage danois...
Je ne m'étais pas installé seul dans un cinéma depuis de nombreuses semaines. J'ai profité du printemps du cinéma et des prix réduits pour filer me loger dans le confortable fauteuil rouge de ma salle obscure préférée. Et tant pis pour la prise de méninges mémorable et mémoriale.
Mon premier choix : "la cité interdite" de Zhang Yimou, réalisateur de "Hero" (l'un des plus beaux films de ces 10 dernières années) ou encore "Épouses et concubines".
Chine, Xème siècle, Dynastie Tang. De retour à la Cité interdite
après une longue absence, l'Empereur découvre qu'un complot se trame au
coeur même de son palais. Les dangereuses alliances et les
manipulations des conspirateurs n'ont qu'un seul but : prendre le
pouvoir du plus grand Empire au monde. La trahison viendra de
l'intérieur : une rébellion menée par la reine elle-même.
Pour ceux qui l'auraient vue, la bande annonce ne présente pas du tout le film ! Il ne s'agit en rien d'un énième film de 'baston' à la sauce chinoise mais d'une tragédie 'shakespearienne' familiale. Dans un huis-clos flamboyant, où les murs étroits écrasent autant les acteurs que les décors et couleurs flamboyant, criants, à la limite de l'écoeurement au bout d'une heure.
La symétrie parfaite de la plupart des plans, la force des doubles discours de nombreux plans, nous amènent vers la seule destinée possible pour cette famille déchirée. La fin est inéluctable, la tragédie grecque sauce pékin est en marche.
J'ai beaucoup aimé l'amour du regard du metteur en scène pour sa comédienne star Gong Li, les images et plans somptueux de la cité interdite, la bataille finale extraordinaire, mettant de côté une histoire au final assez faible et, à mon goût, un peu trop linéaire.
Le deuxième film : "After the wedding" de Susan Bier
Jacob Petersen a voué sa vie à la construction d'un orphelinat en
Inde. Mais l'établissement est menacé de fermeture. Un donateur,
Jorgen, lui demande alors de rentrer au Danemark pour effectuer la
transaction financière. Arrivé sur place, Jorgen l'invite au mariage
de sa fille qui a lieu le lendemain. Lors de la cérémonie, Jacob
comprend que sa présence n'est pas sans raison...
Encore un film parlant de la famille. Mais je ne vous en dirais pas plus, même sous la torture. Ce film est un Bijou !
J'ai adoré la façon simple de tourner, caméra à l'épaule mais pas de mouvement à la 24h chrono. Nous ne sommes pas dans un mélo hollywoodien mais bien dans un film made in Europe du nord, et ils savent faire passer les sentiments au travers de l'écran. On rit, sourit, on verse sa larme... la vie à l'écran !
Les plans sont justes, les acteurs formidables... par moment on se croit dans 'Festen', la scène du repas de mariage en est un hommage il me semble...
Alors si vous aimez l'Inde, les enfants ou pas, les sacrifices, rire, pleurer, les deux à la fois, le Danemark, les prénoms scandinaves... ou si vous n'aimez pas le mariage tout en aimant aimer... (c'est grave, on dirait une parole de chanson des années 80)... courez le voir !
Donc, à voir absolument ! Il est inscrit en haut de ma liste des films de l'année.
PS. Mais que se passe-t-il en France sur les titres des films étrangers ???
En effet pour ces deux films les titres sont étranges. Pourquoi traduire en Anglais un titre de film Danois ! Soit on le traduit en français, soit on garde le titre danois (tout à fait prononçable) : Efter Brylluppet
Et pour le film chinois, je m'interroge aussi... Le film est bien sorti en France avec un titre français (cité interdite) sauf qu'il n'est pas du tout la traduction du titre chinois : Man cheng jin dai huang jin jia
Bien sûr, comme toutes les personnes n'ayant pas beaucoup travaillé leur chinois ces dernières semaines, j'ai du mal à comprendre ce que dit ce titre, mais il ne dit pas "cité interdite". En fait l'illumination est venue à la projection du film, qui donnait le titre traduit en anglais : Curse of the Golden Flower
Le titre est totalement en rapport avec le film, beaucoup plus que le titre français, et je le trouve beaucoup plus beau. ça aurait donc du être en français : la malédiction des fleurs dorées, mais ce titre devait être moins vendeur...
Commentaires
After the wedding
Il faudrait quand même que je retourne le voir car j'ai été plutôt déçue. Je n'ai pas été émue malgré le sujet. De la même réalisatrice, j'ai beaucoup mieux aimé Brothers et Open Hearts. Mais cela n'empêche que j'irai voir le prochain long métrage de cette réalisatrice de talent.
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