10 août 2007
Contre progrmmation
Vu que mes blogs amis parlent beaucoup sexes et culs ces dernières semaines, je propose un billet dénué d'allusion à une pratique qui m'est étrangère depuis bien trop longtemps pouf !... (le bruit que vous entendez est une explosion de testicule)
Donc, pour alléger un peu cette atmosphère lourde d'œstrogènes et de testostérones, je vais vous conter une petite histoire pour enfant...
Il était une fois, (comment ça commence trop bien !)
Il était donc une fois, un petit enfant gentil, sage mais étant né dans un corps au physique plus que disgracieux. Disons les choses simplement, il était moche mais moche ! Un pou, une horreur faite enfant, il était dégoutant à faire peur à Quasimodo, Il était vilain, disgracieux... le croisement entre un poulpe et Rosline B. (je nommerai pas son nom en entier pour respecter la profession de ministre)
Pourtant ses parents étaient beaux, grands, élancés... même son frère et sa soeur étaient connus dans la région pour être la définition de la beauté.
Mais lui, il était moche. Rien y faisait...
Sa famille le cacha dans sa petite enfance. Comment montrer un bébé si laid qu'il faisait fuir les oiseaux quand on le promenait dans sa poussette ? On raconte même qu'un matin de juin, alors qu'il n'avait que 4 ans, il est allé s'amuser dans la rivière et en est ressorti en pleure. A sa vue les poissons avaient tous eu un haut le coeur et flottaient désormais sur le dos. L'impression de la laideur de l'enfant s'était incrusté dans les yeux globuleux des habitants de la rivière. Les pêcheurs du village s'en plaignirent aux parents demandant que l'enfant ne s'approchât plus jamais d'une berge s'ils voulaient que la rivière soit encore gorgée de poissons un jour.
Il a fallu aussi éduquer l'enfant. Comme ses parents étaient respectés dans tout le pays, on accepta le petit monstre à l'école, si celui-ci acceptait de vivre sous un immense voile qui, ne dissimulant pas toute son immonde morphologie, permettait au moins à ses camarades et à l'instituteur de ne pas trop s'abimer la vue en croisant un visage qui ressemblait à tout sauf à celui d'un chérubin.
L'enfance fila, difficile pour se petit-être exclu de tous. Il s'enfermait dans la lecture de conte et d'épopée, se rêvant sur un cheval blanc sauvant sa contrée d'immenses ennemis plus moches que lui. A la maison ce n'était pas non plus évident pour l'enfant. Sa mère l'aimait mais ne l'avait plus touché depuis si longtemps, son père fini par s'enfuir de la maison pour ne plus avoir à croiser son regard, son frère et sa soeur vivait leur adolescence puis le temps de jeunes adultes sans se soucier de Mister Laid, comme ils s'appelaient.
Comprenant qu'il n'y avait pas d'espoir pour lui ici, le matin de ses 15 ans, il fit avec ses doigts informes un petit paquetage composé de quelques habits et aussi de quelques livres, et il prit le chemin qui partait vers le nord. Peut être que là où on ne le connaitrait pas la vie serait plus facile.
Il marcha de nombreux jours, apprenant vite à éviter les chemins trop fréquentés pour ne pas se recevoir des cailloux sur le coin de la tête par des passants apeurés en le voyant, criant au diable.
Près d'une rivière, où il plongea son visage pour le nettoyer de la saleté d'un tel voyage, il regarda longtemps son terrible reflet sur l'eau trouble. Il pleurait de ne pouvoir ressembler aux autres enfants.
"Pourquoi pleures-tu petit homme ?"
La voix, douce est claire, venait du haut d'un grand arbre sans âge. C'était une voix féminine, une voix d'ange.
"Je pleure car je suis trop laid pour vivre avec les autres. On me jette des pierres, on se moque de moi, et personne ne veut voir qui je suis vraiment"
"Et qui penses-tu être petit homme ?"
Un immense aigle à la robe violette tourna dans les airs. Sa beauté n'avait d'égale que son envergure fantastique. Lorsque ses serres frôlèrent le sol, l'oiseau se mua en une femme d'une beauté irradiante. De l'oiseau, il ne restait que la chevelure violette. Un voile blanc laissé apparaitre un corps lisse et ferme.
"Je ne sais pas. J'aimerai juste être quelqu'un comme les autres..." répondit l'enfant moche, écrasant ses sanglots dans une manche pleine de morve.
"Je peux t'y aider si tu le veux. Nous allons faire une expérience ensemble. Je vais te transformer en garçon de 15ans, mais en un garçon magnifique, beau, tout ce que tu désires et ce que tu n'as pas. Tu vivras une semaine dans ce corps et tu viendra me raconter. Ensuite, tu passeras dans le corps d'une jeune fille de ton âge pour la semaine suivante, et enfin tu reviendras dans ton corps et tu vivras une semaine de plus dans ce village. au bout des trois semaines tu auras un choix à faire, un choix définitif"
Le garçon resta interloqué. Il regardait sa bienfaitrice sans trop y croire. Elle lança une formule magique. Il sentit alors une immense chaleur parcourir son corps.......
A SUIVRE :-D
09 avril 2007
Dans ma rue
Le billet de cléo m'a plu, son titre surtout qui m'a rappelé un vieux tube tout pourri des années 80 du même nom...
Alors moi aussi j'ai voulu vous présenter ma rue :
Dans ma rue
Y a pleins de petits coiffeurs
mais à côté de ça plus triste tu meurs
en face de chez moi la maison de retraite,
un peu plus bas le petit parc où les enfants font la fête.
Dans ma rue
y a aussi eu un film qui s'est tournée en bas de chez moi
et des bars tout pourris, même pas envie d'y boire un kawa
il y a un marché plein de couleurs, d'odeurs, que du beau
avec du pain frais et des légumes presque bios
Dans ma rue
les policiers roulent toujours à fond
et c'est pas rare de les voir arrêter un gonze
alors je me mets sur mon balcon
et je les traite fièrement de gnafrons
Dans ma rue
J'ai une cousine avec sa famille
Son chéri et sa jolie fille
Mais y a aussi SaidleCid
et bien d'autres intrépides
Dans ma rue
Y aussi un super cerisier près d'une joli maison
Mais le gars qui l'a rachetée a l'air un peu con
Y aussi un chien peint sur le mur en train de pisser
Et plein de grues partout, vive l'immobilier !
Dans ma rue
il y a enfin moi pour encore quelque mois
mais bientôt mes paquets descendront les 5 étages
il sera temps de tourner la page
et d'aller s'installer ailleurs, là-bas.
05 avril 2007
Tête de Piaf !
Lectures alternatives pour d'autres informations ou un autre point de vue !
Voici un e-magazine que j'aime bien. Le Piaf, avec humour et réflexions, apporte un regard différent sur l'actualité française et mondiale dans la gratuité et le non-commerciale.
A découvrir : Le PIAF : Pour un Information Alternative, Forcément !
Le PIAF est né d’une indignation, celle de constater que les grands médias, pourtant essentiels dans une démocratie, sont devenus les porte-parole d’une minorité.
Nous souhaitons apporter, en collaboration avec de multiples acteurs de la mouvance altermondialiste élargie, un éclairage différent sur les informations présentées par les médias dominants. Nous avons l’ambition d’inviter plus de citoyens à s’impliquer dans le débat démocratique, par l’information, le dialogue, l’écriture, l’action.
A découvrir dans le numéro d'avril un très bon article sur les profs et leurs "avantages". :-D
Mais il existe d'autres titres intéressants, comme :
Le plan B
CQFD
La Décroissance
Acrimed s'occupe de critiquer sans complaisance les médias
Fakir
Et si vous en connaissez d'autres sympathiques à lire...
04 avril 2007
The door
La porte est ouverte !
Je ne sais comment cet acte mystérieux et profond a bien pu se produire, mais la porte est ouverte.
Je ne sais pas sur quoi peut bien donner cette lourde porte. Je ne l'avais jamais vu auparavant. Elle est immense, alliant bois noir et aciers rouillés. Je me sens si petit face à elle. Je reste interdit face à elle, plus étonné qu'apeuré.
Par l'espace ouvert, entre mur et porte, un rayon lumineux se dépose sur le sol. Il provient de l'autre côté.
Que dois-je faire ? Refermer rapidement cette porte, de peur de découvrir ce qu'elle peut receler. Ou alors l'ouvrir et m'engouffrer dans cette lumière venant d'un endroit inconnu.
Je suis incapable d'avoir des pensées simples. ça s'embrouille dans ma tête, tourne dans tous les sens... Il faut pourtant que j'agisse. Mon choix est fait.
Je vais franchir la porte. Entrer dans l'inconnu, passer les frontières de mon réel. Mais mes membres sont paralysés. Il me faudra un effort incroyable pour me déloger de ma place et toucher l'immense porte qui me surplombe.
J'avance le bras. Mes muscles se crispent. Je touche le bois. Il me paraît si froid...
Je tire la porte vers moi. Elle tourne sur ses gonds d'aciers dans un rugissement infernal.
Le rayon lumineux qui plongeait sur le sol s'agrandit et vient me lécher les pieds, s'attaque ensuite à mes jambes avant d'engloutir tout mon corps.
Je suis totalement dans la lumière, elle m'inonde, m'aveugle. Je suis face à l'inconnu, face à moi même. Il va falloir passer le seuil pour savoir ce qu'il y a vraiment de l'autre côté, ce que cache la lumière éblouissante et froide comme une pluie d'hiver.
Mes pieds se mouvent, mon visage s'apprête à plonger dans l'inconnu lumineux quand...
...
... tout simplement je me retrouve face à terre, le nez dans mon plat de pâtes bios.
Je sais pourtant bien qu'il ne faut pas faire la sieste sur le canapé et que je dois privilégier l'écriture de ce put... de mémoire !
14 mars 2007
La folie est la voie qui nous lie à l'amour !
J'ai vu pousser sur mon bras des fils bleus et verts entre satins et satan, virant sur le rouge sang sans odeur ni joie sous le joug d'une lumière blonde et chaude d'un soleil en voie d'extinction. L'écume me monte au nez et de mes doigts seule la vie des autres me paraît désormais palpable. La mienne file par ces liens me projetant dans le néant d'une existence ton sur ton.
Amis, frères, camardes, compagnons, je vous invite à vous arracher, de vos dents déchirer les racines ferrant nos souliers à un sol dur et froid, sec et mort. Osons ! Risquons de nous envoler, de rêver, de vivre...
Un couple s'unit, s'aime, se porte, se promet :
On est un !
Mais toujours l'un déchire, part, pleure, ment et l'autre lui répond, cri, frappe, pleure aussi... :
Honnête hein !
et finalement la nuit s'abat sur deux êtres meurtris, salis, usés :
On éteint !
Un parc.
La chaleur du soleil pleut en rayons,
Transperce les arbres aux feuilles fragiles
D'un printemps précoce.
Les enfants plongent, se baignent
Dans cette blonde et douce lumière.
Les mères rient et discutent,
Adossées aux bancs où se mélangent
Les insanités et les amours gravés.
Le regard maternelle est tendre, protecteur.
L'enfant n'a qu'à le croiser
Pour s'en remplir l'âme et le coeur.
Il encourage à la bravoure
D'une escalade, d'un saut ou d'une glissade.
Le chant des branches, la musique des oiseaux,
Les rires et joies font l'éternité de ce lieu
Qui, même déserté et enfui dans la nuit profonde qui viendra,
Résonnera toujours de la mélodie des jours heureux.
Sur ces paroles incompréhensibles pour certains, idiotes pour d'autres, mais simplement connectées à l'inconscient du matin, je vous invite à écrire machinalement aujourd'hui ! laissez les mots sortir tels qu'ils sont et voyons ce qu'ils ont à raconter !
Bon printemps des poètes à TOUS !
10 janvier 2007
Ecriture ture ture....
J'ai ouvert depuis quelques mois deux petits blogs d'écritures sans prétentions. J'y collectionne quelques histoires qui, j'espère, peuvent vous divertir.
Je ne cherche pas à percer dans le monde de l'écriture et de l'édition, loin de moi cette folie, mais je m'amuse juste avec les mots et les destins de personnes que j'aime créer et qui me côtoient le temps d'une histoire.
Le premier blog est le plus connu. j'en ai déjà parlé ici. Il se remplit de nouvelles courtes ( le pigeon et l'assemblée, lettre au père Noël ...) et des résultats de l'atelier d'écriture (je n'aurai pas du..., sabot...). Je vous recommande sa lecture. Les textes peuvent être imparfaits et fragiles. Ils n'attendent que vos commentaires pour s'aguerrir et mûrir. Ce ne sont que des Visions de vie
Jeu à la con : celui ou celle qui trouve la signification de l'adresse gagne toute mon estime ;-)
Le deuxième, blog caché pendant plusieurs semaines, recèle d'oeuvre plus étrange. Ils s'agit de petit roman ou de grandes nouvelles, plus quelques récits qui sortent d'on ne sait où et qui trouvent ici une petite place pour exister. Bolton's Place.
Deux romans ont débuté.
Le premier, l'Express, est une nouvelle de 17 pages (en A4 taille police 12) qui va s'agrandir au fil des mois et des mots. Dans un premier temps je la met en ligne sous son format initial puis je la mettrai à jour régulièrement pour s'approcher d'une oeuvre d'une cinquantaine de pages. (cela sera signalé dans le titre) Cette nouvelle est inspiré d'un fait réel qui m'est proche.
Le second, sans titre, je commence juste à l'explorer... des êtres qui vont se croiser, ou pas, et dont le lien entre eux n'est que la communication ou son absence... Vous découvrez ces histoires en même temps que moi je les crée...
11 octobre 2006
Atelier 2e épisode
Hier j'ai repris le chemin de l'imagination et du bonheur d'écrire pour le plaisir. Pour découvrir les textes et surtout les exercices, que je vous encourage à faire chez vous, c'est trop bien, venez visiter Visions.
Il s'agit d'un blog sans prétention qui compile des écrits simples. Merci de les critiquer, de les améliorer par vos commentaires ou de déposer vos textes en suivant les mêmes consignes d'écritures, si le coeur vous en dit.
01 octobre 2006
Atelier d'écriture
Je me suis inscrit cette année à un atelier d'écriture, pour m'amuser avec les mots et libérer les flots de ma plume. Toutes les deux semaines, deux heures le mardi après-midi, je rejoins donc un petit groupe amical, plutôt féminin et agé et quoi de plus logique entre 14 et 16h.
On nous soumet un thème, un exercice, et durant un quart d'heure on se lâche avec plaisir sur nos feuillets. Le plaisir est vraiment l'axe central de cet atelier.
Exemple :
Donnez un mot, un verbe, un adjectif. Réunissez les mots, verbes, adjectifs de tous et composez un texte en piochant dans ce réservoir.
Ou :
Après avoir lu un texte sur la description d'un objet et des sentiments qu'ils lui sont accolés, décrivez un meuble de votre enfance.
Je vous propose de découvrir les textes que j'ai pondu lors de ces ateliers. Il suffit de visiter "Vision" et d'aller dans la rubrique "Atelier".
25 septembre 2006
"Drapeaux noirs" de Strinberg
Une oeuvre noire et terrible. Strinberg dresse un tableau cynique sur ses contemporains, écrivains et journalistes, qui un siècle plus tard résonne d'actualité.
Sa verve est superbe.Sa plume est acérée comme des griffes. Il sculpte son oeuvre en maitrisant son art littéraire. Le résultat est fort.
Mais à lire en faisant très attention sur les idées de l'époque. Son anti-féminisme et son refus du darwinisme est à l'image des pensées contemporaines. Et quand je pense que l'un comme l'autre reviennent "à la mode"...
A lire pour les amateurs de Strinberg, à parcourir pour relever les répliques terribles lancées contre ses "ennemis".
13 septembre 2006
"La chambre" en "fin de pistes"
Les lectures de la semaine.
La chambre de Françoise Chandernagor
Un livre étonnant où l'auteur nous entraîne, en passant par de nombreux regards (l'enfant, les géôliers, la blanchisseuse, le cuisinier...), dans un endroit étrange et une époque troublée.
Un enfant est gardé, là, dans cette chambre. Une prison pour petit exclu d'une société en mouvement qui ne peut laisser libre ce symbole d'avant. Alors l'enfant vit, survit, sans cadre, sans aide, sans humanité ?...
Ce résumé peut vous paraître confus. Il représente alors bien le livre de F. Chandernagor. Et qu'il est bon de se perdre au fil de ses chapitres, assez inégaux en densité et qualité mais qui amènent pierre par pierre l'(H)histoire et son époque.
Les changements de point de vue sont réussis et maintiennent l'intérêt et le suspens. Pour moi, les chapitres de "jugement" des fantômes des géôliers et commissaires, quelques siècles plus tard, sont les plus réussis et les plus drôles. Sinon, le narrateur s'interroge, ne sachant trop comment prendre son sujet, comme l'histoire s'interroge sur la place à laisser à cet épisode tragique de la construction d'un état, perdu dans la confusion des ambitions, comme l'enfance perdue dans un monde d'adulte.
A lire avec plaisir, mais sans rien lire sur le sujet (ni résumé, ni annotation en fin de livre) pour vous laisser le plaisir de découvrir qui est cet enfant, pourquoi est-il là...
Lors de certains passages, je pense par contre que vous aurez besoin de laver vos draps, si vous lisez dans votre lit, et n'allez pas inventer des raisons "éotiques" à cela.
*****
Fin de pistes d'Emmanuel Pierrat
La rentrée littéraire est riche de nouveaux livres et pas forcément de bons, tout le monde en parle. J'ai voulu tester au hasard un livre de cette liste. Je l'ai choisi par errance, comme toujours. Je me perds dans la librairie et un mot du titre ou du résumé, une partie de la couverture ou une ambiance particulière me fera choisir le livre. Mais comme souvent avec cette technique, un livre vous choisi autant que vous le choisissez.
C'est le goût du voyage qui m'a fait prendre ce roman. Il conte l'errance de quatre personnes arrivées à la fin de leur piste personnel ou la vie et l'Afrique se sont mêlées.
- René, ancien de la guerre d'Algérie, découvre l'Afrique par le côté obscure des morfaloux, de la guérilla et des opérations secrètes.
- Makéda est en errance religieuse puis en recherche de vie, d'identité. Éthiopienne juive, elle suivra ses parents vers une terre soit disante promise mais où le racisme et l'intégrisme ne seront que les véritables accueils. Elle deviendra avocate, prenant la direction du sud de l'Afrique.
- Albéric, fils d'un diplomate belge, sera attiré par les feux des cieux et deviendra artificier à Zanzibar.
- Codjo a lui aussi un parcours plus que riche. Après avoir renié ses origines et sa formation vaudou, être revenu d'une lutte marxiste toujours présente en lui, il devient trafiquant d'art tribal.
Ces quatre personnages n'ayant en commun que leur amour de l'Afrique, leur errance et leur solitude d'exilé, se retrouvent au soir d'un soulèvement militaire ayant renversé le gouvernement du pays. Le temps d'une nuit, ils se racontent, à la première personne, à tour de rôle.
Et le livre est construit comme cela, par chapitre, passant de rené à makéda, puis de Albéric à Codjo. Le croisement de ces histoires, qui ne se déroulent pas forcément à la même époque, rajoutent à cette érrance. Mais on peut tout de même regréter le manque de différentiation des personnages dans la manière de raconter. Les quatre parlent à l'identique ! On ne sent pas les différences de vie, de milieu, de psychologie. ça manque d'âme.
J'ai été déçu par le survol des histoires. On passe rapidement, succinctement. C'est vrai que tout se raconte en une nuit, mais certains passages méritaient d'être approfondis. Tout est ici rapide, court, précipité. Peut-être a-t-il voulu (l'auteur) rajouter à l'errance par cette technique, mais il n'en ressort qu'un sentiment de pas fini, pas abouti. Du coup cela devient un très bon roman de métro où les chapitres correspondent à deux arrêts.
De cette narration rapide, on passe un peu à côté du personnage central : l'Afrique. Elle y est dépeinte sous toutes ses formes, plutôt crayonnée. La aussi le trait est rapide, l'esquisse est belle, se voulant être plus proche du réelle. Le risque est d'en garder une image à la VSD ou Paris Match, c'est à dire tout ce que n'a pas voulu l'auteur.
J'ai pourtant aimé ce livre mais j'en garde un goût bizarre. Peut-être que le thème résonne trop en moi et j'aurai voulu alors en avoir plus. Je le tiens à votre disposition, ainsi nous pourrons comparer nos points de vue, ce qui permettra d'affiner le mien.

